Interview avec la pharmacienne hospitalière Anne-Laure Blanc

Episode 2 September 01, 2026 00:41:53
Interview avec la pharmacienne hospitalière Anne-Laure Blanc
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Interview avec la pharmacienne hospitalière Anne-Laure Blanc

Sep 01 2026 | 00:41:53

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Show Notes

Dans cet épisode, nous allons nous intéresser à un domaine un peu particulier de la pharmacie : la pharmacie hospitalière et notamment la pharmacie clinique. Pour cela, je vais avoir la chance d’interviewer la Docteure Anne-Laure Blanc, pharmacienne adjointe de la Pharmacie des hôpitaux de l’est lémanique.

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Episode Transcript

[00:00:12] Speaker A: Bonjour et bienvenue sur les ondes du podcast de PharmaPro, parce que la pharmacie, c'est la vie. Je m'appelle Céline Dubas et je me réjouis de vous présenter aujourd'hui une nouvelle personnalité du secteur suisse de la pharmacie. Dans cet épisode, nous allons nous intéresser à un domaine un peu particulier de la pharmacie, la pharmacie hospitalière. Pour cela, je vais avoir la chance d'interviewer la docteur Anne-Laure Blanc, pharmacienne adjointe de la pharmacie des hôpitaux de l'Est Limanique. Bonjour docteur Blanc. [00:00:43] Speaker B: Bonjour. [00:00:45] Speaker A: Alors, comme je viens de le dire, vous êtes pharmacienne adjointe de la FEL, P-H-E-L, pharmacie des hôpitaux de l'Est Lémanic. [00:00:55] Speaker B: Exact. [00:00:56] Speaker A: Dans ce cadre, vous êtes responsable de la pharmacie clinique et de l'assistance pharmaceutique. [00:01:01] Speaker B: Tout à fait. [00:01:02] Speaker A: Vous allez pouvoir nous expliquer tout ça en détail dans un petit moment, mais j'aimerais bien, si c'est d'accord pour vous, que vous nous présentiez d'abord brièvement votre parcours et que vous nous disiez un peu ce qui vous a motivé à choisir ce métier de pharmacienne et à choisir le monde de l'hôpital finalement. [00:01:18] Speaker B: Très volontiers. Dès la fin des études secondaires au niveau du gymnase, j'ai remarqué que j'avais un intérêt plus prononcé pour les sciences. Et puis, la pharmacie regroupant de la chimie, de la biologie, de l'anatomie, de la physiologie. Et comme je suis d'une nature très curieuse, en fait, Ça permettait de combler un peu tous mes intérêts, et puis c'est comme ça que j'ai débuté mes études de pharmacie. J'avais aussi un grand intérêt à comprendre les différents médicaments, toutes les combinaisons possibles, comment on pouvait prendre en charge les différentes pathologies des patients. Et donc, en fait, j'ai commencé mes études de pharmacie d'abord à l'université de Lausanne, encore avant la fusion de l'école de pharmacie. J'ai fait les deux premières années à l'université à Lausanne, sur le campus de Dorigny. Ensuite, en troisième année, on a fusionné et je suis partie à Genève, où j'ai terminé mes études. Et c'est des études qui sont très variées, très riches, on apprend énormément de choses. Et donc j'ai eu beaucoup de plaisir à faire ces études. Et puis après les études, j'avais besoin un peu d'une pause dans l'apprentissage. Et j'ai commencé à travailler dans une officine de village. Et puis au fur et à mesure, je me rendais compte que j'avais envie d'aller plus loin, de comprendre la prise en charge, l'articulation des médicaments autour de la prise en charge d'un patient. Et puis, pendant les études, j'avais déjà un fort intérêt pour la pharmacie clinique, que j'avais découvert dans le cadre du court bloc de suivi pharmaceutique, qui était nouveau à ce moment-là, que j'avais déjà réalisé à la FEL en 2006. Et puis à cette époque, on m'avait expliqué qu'ils souhaitaient mettre en place une formation postgrade. Et donc quand l'opportunité s'est présentée, qu'ils ont ouvert le poste de formation, j'ai candidaté et j'ai pu commencer la formation de pharmacie clinique, le certificat complémentaire en pharmacie clinique en 2009. À l'issue de ce certificat, par différents hasards de la vie, de remplacement, congé maternité, petit bout de poste créé, j'ai eu l'opportunité de rester à la FEL, d'abord à temps partiel à 60 ou 70% et je travaillais en parallèle en officine encore pendant deux ans et puis après entièrement comme pharmacienne-clinicienne au sein de la FEL. En 2012, j'ai pu être reconnue comme formatrice pour le certificat complémentaire de pharmacie clinique. Donc, c'est vrai que naturellement, en ayant fait la formation clinique moi-même à la FEL, les candidats suivants qui sont arrivés, en fait, je participais à l'encadrement, je transmettais toutes les astuces, tous les éléments intéressants que j'avais pu trouver, les références et autres. Et puis en fait, après, j'ai pu être reconnue dans ce rôle-là, ce qui est une activité que j'aime beaucoup et que je continue à faire à l'heure actuelle. Et puis, en 2013, j'ai eu l'opportunité de débuter une thèse de pharmacie hospitalière, ce qui n'était pas du tout prévu, en fait. Et puis, en fait, quand l'opportunité s'est présentée, on pèse les pours, les contres. Ma nature curieuse a repris le dessus, mon énergie aussi. Et du coup, je me suis lancée dans une thèse de pharmacie hospitalière sur la thématique de la continuité des soins et les réhospitalisations. Thèse que j'ai réalisée à mi-temps, 50% en doctorat. J'étais encadrée par le professeur Pascal Bonabry et le professeur Nicolas Chad. J'ai réalisé ma thèse du coup conjointement entre les HUG, l'hôpital et les hôpitaux de Morges et de Nyon. Et puis en parallèle, à mi-temps je travaillais à la FEN. En 2014, on a décidé de créer un secteur clinique à Lafayette, un secteur qui n'existait pas. De nouveau, mon intérêt, mon énergie et ma motivation ont fait que j'ai candidaté pour être responsable du secteur. Au départ, on était trois pharmaciens dans ce secteur clinique, dont une personne en formation. Jusqu'en 2017 où j'ai fini ma thèse de pharmacie hospitalière et là je suis revenue travailler à Lafelle entièrement. Ensuite entre 2017 et 2021 il y a eu aussi le déménagement de l'hôpital, de projets très intéressants et très variés. Et puis en 2021, j'ai eu une nouvelle opportunité, c'est de rejoindre l'enseignement au niveau de l'Université de Genève comme chargée d'enseignement pour l'interprofessionnalité. Et ce que j'ai fait jusqu'à 2025. [00:05:48] Speaker A: Bravo. – Je suis impressionnée, la thèse, l'enseignement, bravo. [00:05:54] Speaker B: – Je suis d'une nature assez dynamique et du coup… [00:05:58] Speaker A: – Vous avez de l'énergie, on le sent tout de suite. Avant le déménagement à l'hôpital de Réna, donc aujourd'hui on est dans les locaux de l'hôpital de Réna. Lafelle est dans les locaux de l'hôpital de Réna. Mais avant, elle était située où? [00:06:12] Speaker B: On était sur le site du Samaritain à Vevey. On était déjà dans les locaux de l'hôpital, d'abord l'hôpital Riviera, ensuite il y a eu la fusion Riviera et l'hôpital du Chablais, et on était basé sur le site du Samaritain à Vevey. [00:06:26] Speaker A: Et là, alors ça, je ne l'ai pas déduit de ce que vous venez de me raconter, mais je l'avais vu au préalable. Ça fait donc 17 ans, parce que je n'arrive pas à calculer aussi vite. Ça fait 17 ans que vous travaillez à La Felle. [00:06:37] Speaker B: Oui, tout à fait. [00:06:38] Speaker A: Donc, vous connaissez cet endroit comme votre poche. Racontez-nous un petit peu, qu'est-ce que c'est que l'AFEL exactement et quelles sont ses activités? [00:06:47] Speaker B: Alors donc l'AFEL, c'est une association à but non lucratif qui appartient à cinq hôpitaux membres. Donc on est la propriété de ces membres. L'hôpital principal, c'est l'hôpital Riviera Chablais, l'hôpital de soins aigus. On est aussi propriété de l'hôpital de Lavaux, l'hôpital de Riveneuve pour les soins palliatifs, la fondation de Nantes pour les soins psychiatriques. et puis le pôle santé pays d'en haut. Donc c'est nos cinq membres en fait. Et puis on travaille aussi avec une quinzaine d'EMS de la région de la Riviera et du Chablais et aussi avec des cliniques privées. Et au total on dessert 1600 lits à peu près environ. pour toute la région. Donc on est vraiment le centre hospitalier pour toute cette région du Côte-Nouveau. [00:07:33] Speaker A: – Le centre de pharmacie hospitalière. [00:07:35] Speaker B: – Oui. On a plusieurs missions. Forcément, nos missions c'est de garantir l'approvisionnement en médicaments, en médicaments de qualité. On va soit acheter des médicaments, soit les fabriquer selon les besoins. On a également une mission de prestation, donc par exemple l'assistance pharmaceutique, les activités de pharmacie clinique, pour garantir des thérapies médicamenteuses les plus sûres, efficaces, économiques et maintenant on va rajouter durables aussi, vu les enjeux de notre société à l'heure actuelle. Et puis on participe également à des activités d'enseignement, que ce soit au niveau prégradué, au niveau de l'université, On intervient dans des enseignements ponctuels sur certains domaines, on accueille des stagiaires pour ceux qui souhaitent faire le stage à option en pharmacie hospitalière, on accueille des travaux de master aussi régulièrement, on propose des projets et puis du coup ça donne lieu à des travaux de master. Et puis on a aussi cette semaine de cours bloc de suivi pharmaceutique, celle qui avait donné mon envie de participer et de travailler en pharmacie clinique à l'époque. Donc ça, c'est quelque chose qui a perduré. Lafelle, c'est une grande entreprise, elle a beaucoup grandi. On est maintenant, je regarde mes petites notes parce que ça a beaucoup grandi, on est 97 collaborateurs pour 69 équivalents plein temps. On est 30 pharmaciens, dont 5 en formation, 3 en formation postgrade et 2 doctorants. On a 61 assistantes en pharmacie, 3 collaborateurs administratifs et 3 logisticiens. C'est une grande équipe. [00:09:13] Speaker A: Alors du coup, tout à l'heure vous m'avez expliqué aussi quand on préparait cette interview qu'il y a quatre domaines dans cette FEL, donc la logistique, tout ce qui est l'envoi des médicaments, la fabrication, les EMS et votre secteur à vous qui est la pharmacie clinique et l'assistance pharmaceutique. Donc vous êtes quatre adjoints? [00:09:34] Speaker B: Oui, tout à fait, on est quatre adjoints au sein de la FEL. [00:09:36] Speaker A: Et tout à l'heure, vous avez dit qu'au début, quand le secteur pharmacie-clinique a été créé, vous étiez trois pharmaciens. Et vous êtes combien aujourd'hui? [00:09:44] Speaker B: Alors maintenant, on est 15 collaborateurs au sein du secteur clinique, 14 pharmaciens et une assistante en pharmacie. Et ça, c'est quelque chose de très intéressant d'avoir une assistante en pharmacie qui est dédiée aux prestations cliniques, en fait. Elles ont d'excellentes compétences dans les médicaments et souvent on voit les assistantes en tant que pharmacie comme plutôt orientées logistiques ou distribution, mais on peut bénéficier de leurs compétences. On a beaucoup de projets autour de la sécurité des patients, sécuriser l'utilisation dans les services, dans les unités de soins, mettre à jour des documents d'assistance pharmaceutique. Notre assistante en pharmacie, elle a vraiment un rôle clé dans notre secteur et c'est vraiment très intéressant d'avoir, en plus des compétences de pharmacien, les compétences d'une assistante en pharmacies. [00:10:28] Speaker A: Et donc la pharmacie clinique, ça consiste pour vous à aller dans les différents hôpitaux et MS? Racontez-nous un petit peu pourquoi consiste votre quotidien? [00:10:40] Speaker B: C'est vrai que la pharmacie clinique, c'est un métier de la pharmacie qui est un peu plus récent que les autres. On connaît bien la fabrication, fabriquer des médicaments, des chimiothérapies ou autre. La partie logistique, approvisionnement aux médicaments, un des éléments logistiques qui nous occupe aussi en clinique, c'est toute la gestion des ruptures, les nombreuses ruptures médicamenteuses. Et du coup, il faut trouver une alternative. Est-ce que si c'est pas le même dosage, le même quels peuvent être les risques dans les services et là on travaille vraiment conjointement entre les secteurs pour trouver la meilleure solution possible en fonction de la rupture que l'on doit gérer. Mais vraiment le cœur de notre métier au niveau de la pharmacie clinique c'est vraiment d'assurer, on pourrait dire le service à prévente du médicament, s'assurer qu'il soit utilisé de manière efficace, sécuritaire dans les services par rapport à un patient donné. Donc ça peut être des adaptations de doses s'il y a des problèmes d'insuffisance rénale, d'insuffisance hépatique, de sous-poids par exemple, on a beaucoup de patients gériatriques, donc voilà aussi revoir à quoi est-ce qu'on expose les patients, identifier peut-être des effets secondaires ou des cascades médicamenteuses, donc un effet secondaire qui conduit à la prescription d'un médicament qui va engendrer un autre effet secondaire, etc. Et puis de remonter la cascade pour identifier le point de départ et puis peut-être re-questionner, re-questionner la pertinence d'un traitement, re-questionner son bénéfice par rapport au risque qu'il engendre, et puis quel est le bénéfice pour le patient, on va avoir une réflexion peut-être un peu différente si on a un patient qui a 55 ans ou si on a un patient qui a 85 ans, en fonction du type de traitement qu'on lui donne, qu'est-ce que le médicament va lui apporter, quels bénéfices le patient va en retirer. Et donc ça, c'est tout des éléments sur lesquels on travaille avec les équipes médicales durant les visites médico-soignantes ou les revues de traitement. Donc on s'insère dans le fonctionnement d'un service. En général, il y a une visite quotidienne quand les patients sont hospitalisés en soins. en soins aiguës ou hebdomadaires si c'est des soins de réadaptation. Au moment où l'infirmière et le médecin font la transmission de savoir comment la situation évolue, le pharmacien vient avec ses propositions d'optimisation de la thérapie. Et ça, c'est vraiment un service qui est très apprécié par nos collègues, aussi bien infirmiers que médecins. Il y a vraiment une volonté de travailler en équipe interprofessionnelle. Chacun apporte ses compétences, ses connaissances, et puis on travaille tous ensemble autour de la prise en charge du patient. Et ça, c''est très enrichissant. Et depuis 17 ans, en fait, je peux dire qu'il n'y a pas eu deux journées qui ont été similaires. des nouvelles situations, des nouvelles prises en charge, des nouveaux médicaments, peut-être des nouveaux risques qui sont identifiés. C'est vraiment un métier passionnant. [00:13:22] Speaker A: Je vous croise sur parole à vous voir en parler. En termes de ratio, vous êtes beaucoup sur le terrain, j'imagine. C'est combien de jours par semaine à peu près que vous allez dans ces différents hôpitaux et MS? [00:13:35] Speaker B: Alors, ça dépend un petit peu au total. Sur l'année, on fait à peu près 700 visites de pharmacie clinique sur tous nos membres. on a des modèles qui sont en fait adaptés à la prise en charge du patient. Typiquement par exemple au soin intensif, on va y aller trois fois par semaine, c'est des soins très aigus, des patients qui ont des situations très instables, la situation évolue très très vite donc on a des ressources un petit peu plus approfondies par rapport à la gériatrie ou par exemple dans les MS. où là on va un petit peu plus ponctuellement parce que les patients en fait c'est un lieu de vie donc forcément ils ne sont pas dans une instabilité au niveau de leur pathologie et donc on va optimiser la prise en charge plutôt au long cours. En pédiatrie, on va une fois par semaine. En médecine, on monte deux ou trois fois par semaine parce que le service est très grand. On va toutes les semaines aussi en psychiatrie. Qu'est-ce que j'oublie? On va aussi en chirurgie, en orthopédie. Donc vraiment, on adapte notre modèle à la demande des services et puis aux besoins qu'on identifie des patients et aux besoins des soignants. Et puis on a aussi une activité nouvelle qu'on a déployée depuis 2-3 ans, qui nous permet de générer des alertes pour prévenir l'hiatrogénie médicamenteuse, donc pour prévenir les risques médicamenteux. Donc on a paramétré une cinquantaine de règles qui s'activent en permanence, tous les jours, et puis on reçoit ces alertes à la pharmacie et nous on fait une analyse de ces alertes. Est-ce que c'est pertinent d'appeler le médecin? Est-ce que c'est pertinent de l'appeler parce qu'il y a quelque chose qui s'est dégradé, une fuction rénale qui s'est dégradée? Et puis du coup, ça nous permet de faire une sorte de surveillance en permanence des patients. Ça c'est pour tous les services où on a de la prescription informatisée, c'est un outil, connecté avec notre dossier électronique du patient et ça nécessite d'avoir une prescription informatisée. Et ça c'est vraiment quelque chose qu'on a mis en place en plus de nos visites de pharmacie clinique où là on intervient vraiment plutôt ponctuellement dans les services. Nos prestations sont aussi orientées vraiment en formation, ce qu'on explique pour un patient va être valable peut-être pour un autre patient mais nous on ne sera pas forcément là donc ça permet de participer au teaching des équipes infirmières ou des équipes médicales en fait. Et ça c''est aussi vraiment très intéressant de pouvoir partager ce savoir de connaissance des médicaments auprès des médecins assistants qui sont en formation, ou des infirmières, pour garantir une bonne prise en charge, les comprimer, qu'on peut écraser, pas écraser, quelles alternatives on trouve quand le patient ne peut pas avaler, et autres. Donc ça, c'est vraiment... Voilà, ça fait partie de notre quotidien comme pharmacien-clinicien. [00:16:10] Speaker A: OK. Excellent. Et vous, en tant qu'adjointe, j'imagine, vous avez aussi des tâches administratives du genre... – Du genre recrutement? C'est vous qui vous occupez du recrutement pour le secteur? [00:16:22] Speaker B: – Oui, exactement. En tant que pharmacienne adjointe de l'AFEL, on a effectivement une mission, on a nos missions de routine de pharmacienne clinicienne, mais on a d'autres tâches, le pilotage du secteur, la définition des objectifs, les budgets, le rapport d'activité, le rapport qualité, tous ces éléments-là. Et puis, un autre élément, c'est tout l'aspect RH, effectivement. Et dans ce contexte-là, on a des recrutements. Alors, comme chez nous, on a deux postes de pharmacien en formation pharmacie clinique, et on fait la formation sur deux ans. Chaque année, on engage une nouvelle personne. La personne reste pour deux ans pour être formée. Et puis, comme ça, chaque année, on a une nouvelle personne. Donc, chaque année, on a un recrutement pour un poste de formation pharmacie clinique. Et puis après, il y a les recrutements qui interviennent parce que soit il y a des nouvelles ressources. Typiquement, quand on a mis en place le système d'alerte automatisé, on a eu besoin de ressources pour traiter et réaliser cette nouvelle prestation. Et donc voilà, ça a mis en place, on a dû faire un recrutement pour cette partie-là. Ça peut être aussi si on a des collaborateurs qui partent, qui changent d'activité ou autre. Mais je dirais qu'en moyenne, on a surtout le recrutement de nos personnes en formation. [00:17:36] Speaker A: D'accord. Vous n'en avez pas parlé mais il me semble avoir vu que vous aviez suivi un cours sur la bonne pratique des essais cliniques. Est-ce que participer à des essais cliniques fait aussi partie de votre quotidien? [00:17:50] Speaker B: Oui, en ce moment oui. En fait je l'avais fait à l'époque dans le cadre de ma thèse de pharmacie hospitalière. forcément parce que je faisais des études cliniques et puis que c'était un élément important de pouvoir faire de la recherche de qualité et qu'ils respectent tous les principes éthiques et autres, donc je l'avais fait à ce moment-là. Et puis dernièrement, depuis 2023, j'encadre une thèse de pharmacie hospitalière, j'ai un doctorant au sein de mon équipe qui travaille sur la continuité des soins et la collaboration interprofessionnel autour de la sortie de l'hôpital et puis on a en ce moment une étude clinique en cours qui a commencé en septembre 2025 et en fait on teste un modèle où on aurait un pharmacien de liaison qui s'occupe de la sortie de hôpital et qui fait du lien avec la pharmacie d'officine en fait, la pharmacie de confiance du patient et donc voilà on a un recrutement en cours jusqu'à la fin du mois d'août donc on a fait une année de recrutement Après, il y a tous les challenges de la recherche clinique, l'autorisation des patients et autres. Ce n'est pas un parcours facile, mais c'est vraiment une volonté de vouloir tester cette prestation sous forme d'une étude randomisée, contrôlée, pour vraiment voir si cette prestation est utile et intéressante. Il y a différents outcomes qu'on va analyser. quand on aura fini le recrutement. Pour l'instant, c'est quelque chose de très intéressant de pouvoir participer à ça, même s'il y a des challenges. Ce n'est pas toujours facile de faire de la recherche à l'heure actuelle dans les milieux plus périphériques où on a un peu moins cette habitude. Mais c'est vraiment intéressant de voir aussi les retours de comment ça se passe en ce moment. notre pharmacien fait son intervention, d'avoir le retour direct des pharmacies d'officine qui nous disent c'est super de nous transmettre tous ces éléments qui vont participer à leur travail et à leur prise en charge après la sortie de l'hôpital. [00:19:43] Speaker A: C'est hyper intéressant. Merci. Tout à l'heure, vous avez parlé dans votre formation de votre spécialisation en pharmacie clinique. Vous avez fait un certificat ou un FPH. Est-ce que c'est la même chose Alors, [00:20:05] Speaker B: il y a une petite subtilité, effectivement. En fait,? la formation postgrade officielle en pharmacie hospitalière, c'est le FPH hospitalier qui se déroule sur trois années et on passe dans toutes les étapes de la pharmacie hospitalière. Donc, on va faire de la logistique, de la fabrication, de la qualité, du management et de la pharmacie clinique et de l'assistance pharmaceutique. Ça, c'est la formation postgraduée qui est reconnue au niveau suisse et qui donne, après un titre d'autorisation, de pratiquer à titre indépendant. Et puis en parallèle de ça, il y a ce qu'on appelle, enfin c'est un peu un abus de langage, mais on parle du FPH clinique, qui lui est une formation qui dure 18 mois, ou un peu plus, chez nous c'est sur deux ans, et qui donne du coup pas un titre de formation postgrade au sens reconnu par la... [00:20:50] Speaker A: C'est pas un vrai FPH. [00:20:52] Speaker B: C'est pas un vrai FPH, mais ça dure quand même entre un an et demi et deux ans, on l'appelle certificat, mais voilà, c'est pas un petit certificat sur trois ou six mois. Et du coup, c'est vrai que depuis qu'il y a eu le changement de législation, je crois que c'était en 2018, qu'il y avait ces éléments-là qui ont changé par rapport à la mise à jour de la loi sur les professions médicales. Du coup, c'est vrai qu'il y'a cet enjeu qu'une des deux formations ne conduit pas à un titre qui permet d'obtenir son autorisation de pratique à titre indépendante. Et ça, si on a quelqu'un qui souhaiterait avoir un poste de pharmacien-chef, un poste de cadre, ça pourrait être un frein. Donc, on a beaucoup de centres maintenant qui forment en pharmacie clinique, qui apportent un complément ou qui peuvent aussi faire le FPH hospitalier pour apporter le complément. Par exemple, chez nous, on a une personne qui a fait le FPH clinique pendant deux ans, et puis là, maintenant, elle fait encore deux ans complémentaires pour avoir le FPH. Elle aura la double formation, elle sera très spécialisée en pharmacie clinique, mais elle aura aussi vu toute la généralité de la pharmacie hospitalière. C'est un peu plus long que de faire directement le FPH d'hôpital, mais en fonction des intérêts, ça peut être aussi un chemin qui permet Mais si on sait qu'on veut faire de la pharmacie clinique sans forcément avoir un poste à responsabilité, le FPH clinique est vraiment une formation très intéressante et qui permet d'obtenir des postes dans ce domaine-là. [00:22:18] Speaker A: Vous devancez ma question parce que je me demandais, voilà, qu'est-ce qui allait pour un jeune pharmacien, une jeune pharmacienne qui se pose la question aujourd'hui, comment il peut faire le choix entre les deux en fait finalement, mais c'est vrai que voilà, comme vous l'avez dit, si on est très intéressé par la pharmacie clinique et pas forcément avoir un poste à responsabilité, mais vous, vous avez un poste à responsabilité sans avoir le FPH hospitalier. [00:22:39] Speaker B: Oui, exactement. C'est vraiment pour les niveaux encore... Non, c'est parce que finalement, j'ai obtenu l'autorisation de pratiquer à titre indépendante parce que j'ai fini ma formation clinique en 2010 et j'étais sous l'ancien régime. Pour les plus jeunes, je pense que maintenant, il y a plein de possibilités. C'est en fonction de l'intérêt ou aussi en fonction des opportunités. Des fois, on a une opportunité pour faire un FPH clinique et pas un FPH hospitalier. À la fin du FPH clinique, on se dit finalement, je ferai le complément, je rajoute ce qui me manque pour pouvoir me laisser ouverte toutes les portes ou pas. Mais en tout cas c'est un domaine d'activité qui est vraiment passionnant et c'est vraiment des formations en cours d'emploi donc c'est pas des formations comme à l'université très académiques où là c'est vraiment on apprend en pratiquant en fait et ça c'est vraiment très très intéressant en fait. [00:23:31] Speaker A: Il y a quelques temps, je crois que c'était l'année dernière, on est allé avec PharmaPro au Forum de la Toile à Genève, qui a lieu dans les locaux de l'Université de Genève, où on a rencontré des étudiants de la faculté de pharmacie à de différents niveaux. Et c'est vrai qu'en leur posant des questions, beaucoup ont exprimé de l'intérêt pour la pharmacie hospitalière. Est-ce que vous savez pourquoi il y a un tel engouement? [00:23:59] Speaker B: Je ne sais pas. Peut-être que ce serait de leur poser la question. Qu'est-ce qui les a intéressés? Je pense qu'il y a aussi eu toute une évolution du parcours de formation. La pharmacie hospitalière est peut-être plus visible aussi au niveau prégradué. Il y a les stages à option. Il y a les options de pouvoir faire les travaux de master. Il y a la semaine de suivi de court bloc pharmaceutique. Ça, elle est obligatoire. L'étudiant va de toute façon dans un hôpital ou dans un autre faire cette semaine qui vraiment donne un aperçu de notre quotidien. Je pense que c'est peut-être un premier élément de réflexion. On peut peut-être un peu plus visibiliser notre activité peut-être au niveau de l'université. Après, également aussi, il y a des métiers un peu La pharmacie clinique, on évoquait aussi en préparant l'entretien tous les aspects de la durabilité. Il y a beaucoup de choses qui sont en mouvement. À partir du moment où on est sorti de la cave, Il y a beaucoup de collaboration interprofessionnelle. L'avantage de l'hôpital, on a accès très facilement autour de la prise en charge d'un patient. On va pouvoir appeler l'infirmier, le médecin, éventuellement le diététicien qui sera impliqué sur la prise en charge du cas. Et donc, cette collaboration interprofessionnelle, elle est vraiment facile à mettre en place. Peut-être plus que dans le milieu ambulatoire où chacun est géographiquement éloigné. Donc, c'est une barrière supplémentaire. Au milieu hospitalier, on n'a pas cette barrière-là. Mais voilà, enfin, voilà l'élément de réponse. [00:25:36] Speaker A: Oui, oui, je pense la diversité. Le fait qu'il y ait le laboratoire aussi, effectivement, ça offre potentiellement une plus grande diversité que peut-être en pharmacie d'officine. En pharmacie d'officine, on va avoir le contact avec le client, avec le patient, qui est différent. [00:25:51] Speaker B: Oui, alors ça c'est vrai que je pense que dans nos activités au quotidien, le contact avec le patient, on l'a beaucoup moins que quand on était en officine, que quand on travaillait en officine. Je pense qu'en officine, il y a vraiment toute une... de pouvoir accompagner le patient sur le long terme. C'est vrai que nous, on voit le patient pendant son séjour, on le voit peut-être une fois ou pas, si on est présent dans l'unité à ce moment-là, mais tout ce qui est vraiment accompagnement, éducation thérapeutique, est-ce que le patient a compris ce qui lui est arrivé, comment on peut l'accompagner, comment on peut revoir le traitement au long terme, je pense que là, il y a vraiment un grand travail qui peut être fait au niveau de la pharmacie d'officine que nous, malheureusement, on ne va pas pouvoir faire. au niveau hospitalier, vu que le patient reste quelques jours à l'hôpital. Et souvent, ce n'est peut-être pas forcément le meilleur moment pour changer tous ces traitements très chroniques, en fait. Alors, on peut le suggérer, on peut le discuter, mais c'est vrai que certains changements ou une déprescription d'un médicament qui n'aurait plus trop de sens, en fait, ça doit vraiment être après repris au niveau ambulatoire. [00:26:50] Speaker A: – Oui, c'est ça, c'est que ça se fait quand même, il y a un accompagnement qui est nécessaire. [00:26:53] Speaker B: – Oui, oui, c'est ça, sur le long cours. [00:26:54] Speaker A: – D'accord. Je voulais juste préciser pour nos auditrices et auditeurs, si vous êtes intéressés par le domaine de la pharmacie hospitalière, en préparant cette interview, j'ai découvert des petites vidéos capsules sur la page YouTube de la FEL qui sont très illustratives de votre quotidien. Je vous les recommande. [00:27:16] Speaker B: C'est vrai qu'il y a deux ans, elle est 40 ans de notre pharmacie hospitalière qui a été créée en 1984. Et à cette occasion, on s'est dit que c'était une bonne opportunité de faire connaître l'existence d'une pharmacie hospitalière au niveau du grand public. Et donc, on a fait plusieurs vidéos pour présenter chacun des quatre secteurs. Et puis aussi des vidéos pour présenter vraiment la richesse de nos activités et des métiers. En fait, il y a une quinzaine de vidéos qui expliquent les différents métiers que l'on retrouve au sein de notre pharmacie. Donc, c'est des formats assez courts. Ça illustre bien nos activités au quotidien. [00:27:51] Speaker A: Oui, elles sont très bien faites. Parfait. Vous avez parlé déjà plusieurs fois de l'interprofessionnalité, qui est un sujet qui vous tient à cœur parce que vous avez, sauf erreur, c'est justement, ah ben voilà, vous l'avez dit, c'est ce que vous avez enseigné à l'université de Genève, à la faculté de pharmacie. Et vous nous aviez déjà fait l'honneur de répondre à nos questions en 2020 dans une interview qu'on a faite dans notre podcast, mais en version audio uniquement, où vous aviez parlé de cette interprofessionnalité qui est présente dans votre travail sur deux niveaux, c'est-à-dire d'une part au sein d'un hôpital, la collaboration des différentes professions, mais après aussi au sein du secteur de la pharmacie, on va dire, entre les pharmacies d'officine et l'AFEL. Vous voulez un petit peu nous raconter tout ça? [00:28:46] Speaker B: Oui, très volontiers. Alors effectivement, c'est vrai que finalement, en tant que pharmacienne clinicienne en milieu hospitalier, on pratique l'interprofessionnalité au quotidien. On est toujours en interaction avec des équipes médicales, des équipes infirmières, des physiothérapeutes, des diététiciennes ou autres, toutes les professions différentes. et c'est vraiment intéressant dans le contexte de l'enseignement interprofessionnel qui est donné à l'université de pouvoir comprendre le métier de l'autre et puis d'apprendre en fonction de la vision de l'autre, et de savoir comment ça fonctionne dans ton domaine, comment ça fonctionne dans mon domaine, et comment on peut travailler ensemble. Et ça, du coup, pendant quatre ans, c'est ce qu'on a pu mettre en place avec des enseignements par simulation. Et c'était vraiment une expérience très enrichissante parce qu'on a construit des scénarios où il y avait un rôle pour chacun des professionnels de santé. Et puis, ils sont encore au niveau des études, sur la fin des études. Mais en fait, on leur apprend déjà à travailler ensemble. Et c'était vraiment extrêmement riche de voir l'étudiant infirmier qui aidait le pharmacien ou le pharmacien qui aidait l'infirmier ou l'étudiant médecin. et ça les prépare pour ensuite ce qu'on voit en milieu hospitalier, qu'on travaille tout le temps ensemble. Et c'est vrai que moi je bénéficiais de mon expérience de pharmacienne-clinicienne depuis toutes ces années, et puis du coup j'ai pu transposer ça pour un enseignement pour préparer nos jeunes collègues à travailler ensemble. Et ça c'était vraiment très intéressant. Et puis effectivement l'autre aspect, Par mon parcours aussi, où j'ai travaillé en officine pendant quelques temps, ensuite par ma volonté de vouloir collaborer avec les pharmacies d'officine, je suis convaincue que le pharmacien d'officine a énormément de prestations qu'il peut apporter, mais il lui manque les informations typiquement au moment de la sortie de l'hôpital. il reçoit une ordonnance, il n'y a pas de contexte, il n'a pas de paramètres de laboratoire, il ne sait pas du tout ce qui s'est passé, il doit essayer de deviner pourquoi on a changé telle ou telle chose, et c'est vraiment un élément qui me tenait à cœur, parce que je suis convaincue qu'au niveau de la sécurisation de la prise en charge, on pourrait faire énormément de choses si on donnait les moyens à nos collègues officinals d'avoir accès à plus d'informations, et c'est pour ça qu'on a cette thèse en cours en ce moment, avec ce test de pharmacien de liaison. Et depuis que notre doctorant est arrivé, une de ses premières missions, c'était de mettre en place notre hotline. En fait, on a une hotline pour nos hôpitaux membres, etc., où ils peuvent nous appeler pour tout type de questions. En fait, on l'a un peu promu aussi pour les formations d'officine. Et du coup, depuis deux ans maintenant, notre hotline est à disposition aussi des formations d'officine de la région de la Riviera. Ils peuvent nous appeler pour des ordonnances de sortie d'hôpital. Il y a des éléments peut-être manquants. Ils peuvent, de toute façon, toujours appeler le médecin. Ce n'est pas toujours facile d'arriver à gendre le médecin au moment où on a le patient. Des fois, peut-être en passant par la pharmacie, on a accès au dossier électronique du patient. On peut comprendre, on peut savoir ce qui s'est passé pendant le séjour et retransmettre certaines informations utiles pour le pharmacien d'officine. Et puis ensuite on a étendu cette hotline grâce au soutien du canton aussi, qui a voulu vraiment promouvoir la collaboration et le soutien entre les pharmacies hospitalières et puis au niveau officinal. Et donc du coup ils peuvent nous appeler pour tout type de questions ou de problématiques ou de revues de médication très complexes ou autres. Par exemple, l'année passée, on a reçu plus de 250 questions des pharmacies d'officine de la région. Je pense que c'est un service intéressant à mettre en place et qui permet aussi de faire prendre conscience. Parce que nous, au niveau hospitalier, on a notre logique de fonctionnement hospitalier. On va remplacer une rupture par un produit étranger, mais ensuite, au moment de la sortie de l'hôpital, forcément, l'obtention en ambulatoire n'est pas la même. Ça peut peut-être être plus compliqué. Ça permet de nous faire remonter aussi des éléments sur le terrain qu'on n'aurait peut-être pas identifiés. Et puis de pouvoir voir s'il y a moyen de trouver une autre alternative ou d'essayer de sécuriser ces éléments-là. Je pense que c'est vraiment quelque chose de très riche, de pouvoir travailler ensemble. [00:32:50] Speaker A: Oui, c'est génial. Est-ce que si une pharmacie n'a pas tel médicament en stock, elle pourrait l'obtenir chez vous? [00:33:01] Speaker B: Non, ça ce n'est pas dans nos missions actuelles. de pouvoir fournir de manière régulière s'il y a des problématiques d'approvisionnement. On va pouvoir conseiller. On a beaucoup de documents sur notre site internet, beaucoup d'éléments où on met typiquement à disposition de nos hôpitaux membres, mais forcément c'est aussi disponible pour d'autres, de voir, ah ben on a eu telle rupture, qu'est-ce qu'on a pris comme alternative? Donc je pense que ça, ça peut aider aussi au niveau officinal de se dire, ah ben ils ont eu telle rupture, gérée avec tel médicament ou telle alternative, mais on ne peut pas fournir les pharmacies d'officine, non, ça c'est hors de nos missions. [00:33:39] Speaker A: Ok, ok, comme ça c'est clair. Vous êtes depuis peu également vice-présidente de la GSASA, c'est l'Association Suisse des Pharmaciens de l'Administration des Hôpitaux. [00:33:49] Speaker B: Oui, on l'appelle la CSASA. [00:33:51] Speaker A: L'AXASA, merci pour la précision. Qu'est-ce qui vous a motivé à intégrer cette fonction? Et puis peut-être vous pouvez aussi nous expliquer quelle est la mission de cette association. [00:34:03] Speaker B: L'opportunité qui s'est présentée en fait finalement, c'est vrai que par mon parcours en pharmacie hospitalière depuis maintenant plusieurs années, mon intérêt de vouloir transmettre, collaborer, partager, finalement le monde associatif Ça résume un peu tout ça. Je me suis dit pourquoi pas prendre une nouvelle activité. Un élément aussi intéressant, c'est qu'au niveau du système de santé, il y a beaucoup de choses qui se jouent en ce moment. Il y a beaucoup d'enjeux, de révisions. on peut profiter de cette période pour peut-être développer des nouvelles prestations, se positionner et promouvoir nos activités de pharmacie hospitalière. Je pense qu'au sein de l'AXASAR, on travaille avec plein d'associations, l'association des hôpitaux, la FMH, le FSP, l'association des pharmaciens cantonaux. c'est vraiment une voie de ce que nous on peut voir comme difficultés sur le terrain et on peut les remonter, on peut travailler ensemble pour améliorer le fonctionnement. Et donc voilà, j'ai rejoint le comité depuis le début de l'année. Et c'est vrai qu'au niveau des missions de l'AXAZA, il y a vraiment tout ce qui est autour de garantir que les activités de nos membres puissent se faire de manière sécuritaire et de qualité, aussi d'avoir un approvisionnement de qualité. Mais il y a aussi vraiment promouvoir la recherche, parce que ça c'est vraiment des éléments importants. Démontrer ce qu'on fait, que c'est utile, quels sont nos plus-values. Aussi tout ce qui est la formation continue, que ce soit aussi bien les formations post-graduées, que ce soit le FPH hospitalier ou le FPH d'officine, sont encadrées. Il y a des programmes de formation, c'est tout. coordonnées aussi au niveau de l'AXASA, mais aussi au niveau des assistantes en pharmacie. On a aussi une formation continue pour les assistantes en pharmacies. Donc je pense que ça, c'est vraiment des éléments dans les missions de l'Axasa. Et puis, une autre mission vraiment très importante, comme je le disais, c'est de promouvoir et de défendre les intérêts de notre profession. Et puis, c'est vrai qu'il y a énormément de textes de loi qui sont en révision, une révision sur la pharmacopée et la fabrication, une révision sur le financement uniforme entre hospitalier et ambulatoire. Donc on participe aux consultations de tous ces textes de loi qui permettent de soutenir nos activités, ou alors d'entre-ouvrir vers de nouvelles activités qui ne sont pas encore présentes au niveau législatif et qu'on pourrait développer par cet intermédiaire. C'est très intéressant, oui. [00:36:50] Speaker A: J'ai vu que notamment l'association a pris position pour exprimer sa crainte face à la fermeture de la production pharmaceutique de Big Cell. [00:37:01] Speaker B: Oui, tout à fait. C'était une prise de position publique conjointe entre Pharma Suisse, donc l'association suisse des pharmaciens, C'est vraiment un sujet important et urgent du moment, qui occupe énormément de ressources dans toutes les pharmacies hospitalières de Suisse. On regrette vraiment cette décision. on perd en savoir-faire. Je pense qu'au-delà de la problématique des personnes qui vont perdre leurs emplois ou qui vont devoir se réorienter, il y a vraiment une perte d'un savoir-faire de fabrication nationale. Bixel avait vraiment un grand catalogue de production spécifique au milieu hospitalier. Et ça, c'est vraiment regrettable qu'on n'ait pas peut-être On a pu avoir la possibilité peut-être de se dire, le catalogue est trop grand, est-ce qu'il y a moyen au niveau des hôpitaux suisses de rationaliser ce catalogue pour éviter la situation dans laquelle on se trouve maintenant? Et puis on a un peu étimé devant le fait accompli, il y a une consultation et puis un mois plus tard, c'est confirmé que l'entreprise ferme. Ce qu'il faut savoir, c'est que ça augmente notre dépendance par rapport à l'étranger, parce qu'il y a des produits qui sont plus fabriqués sur le marché suisse qu'on va devoir aller chercher à l'étranger. Alors, quand tout va bien, tout va bien. Mais quand il y a des tensions, des pandémies, des tensions géopolitiques qu'on ne maîtrise pas, on augmente notre dépendance et on affaiblit l'approvisionnement sécuritaire au niveau suisse. Ça, je pense que c'est vraiment très regrettable. Et puis, c'est vrai que – Il [00:38:37] Speaker A: reste d'autres sites de production en Suisse? [00:38:39] Speaker B: – Oui, alors il y a d'autres centres qui ont de la production mais pas autant spécifique que l'avait le laboratoire Bixell. Donc clairement il y a des produits pour lesquels on n'a pas encore trouvé d'alternative. Et ce qu'il faut savoir c'est que certains hôpitaux vont reprendre des petites productions internes mais on n'a pas la capacité de produire une pharmacie hospitalière. C'est pas une industrie pharmaceutique, elle ne peut pas produire des quantités similaires à ce qui était fait. Et puis, ça prend du temps de mettre en place une nouvelle fabrication. Et là, on a peu de temps, voire pas de temps. Et donc, c'est vraiment regrettable la situation dans laquelle on se trouve en ce moment. Alors, on espère qu'on va trouver des solutions pour tout. Il y a un grand travail aussi de collaboration entre les hôpitaux où on s'échange, les alternatives et autres. l'AXASA est aussi impliquée pour essayer de rendre visibles les alternatives qui ont été trouvées, qui seront communiquées aux membres et autres. Mais c'est vrai que dans une discussion préalable, par rapport à la taille du catalogue, avant la décision de la fermeture définitive, aurait pu être peut-être une première piste, plutôt que la situation dans laquelle on se trouve aujourd'hui. [00:39:50] Speaker A: Ouais, un peu dommage, je comprends. Excellent, merci beaucoup. On arrive déjà au bout de cette interview. J'ai l'impression que vous pourriez parler encore longtemps de votre métier. Vous avez vraiment l'air passionné. Ça fait plaisir de vous entendre. [00:40:05] Speaker B: Merci. [00:40:06] Speaker A: Pour finir sur une note un peu plus personnelle. Oui. Je me disais que vous pourriez, par exemple, nous donner votre prochaine destination de vacances vu qu'on est aujourd'hui le 1er juillet. J'imagine, j'espère que vous avez prévu des vacances cet été. [00:40:20] Speaker B: Oui, oui, bien sûr. Alors, oui, oui, j'ai des vacances de prévues et puis je vais partir profiter de notre beau pays et je vais partir au Grison. [00:40:28] Speaker A: Magnifique. Super. Ça, c'est aussi durable. Je vous félicite. On parle de durabilité. Merci beaucoup, Docteur Blanc, de nous avoir présenté les coulisses de ce métier de pharmacienne hospitalière. En tout cas, moi, vous m'avez donné envie de faire ce métier. J'ai touché le micro. Vous m'avez donné envie de faire ce métier. J'imagine que vous allez aussi créer de l'intérêt auprès de nos auditrices et auditeurs. Merci beaucoup. Et puis, je vous souhaite alors de très bonnes vacances au grison et une très bonne continuation de vos activités. [00:41:01] Speaker B: Merci beaucoup. Merci pour l'opportunité. [00:41:04] Speaker A: À vous qui nous écoutez en podcast ou qui nous regardez sur YouTube, merci d'avoir suivi cette interview jusqu'au bout. Si vous êtes en recherche d'emploi dans le secteur de la pharmacie, pensez à publier votre CV sur le site pharmapro.ch. C'est rapide, gratuit, ça vous rend plus visible et facilite vos démarches auprès des employeurs. Vous avez également la possibilité de mettre votre CV en avant pendant une période de temps limitée sur notre site Internet. Cela montre aux employeurs que vous êtes activement en recherche d'emploi et augmente vos chances de décrocher un entretien d'embauche. Je vous dis à bientôt pour un nouvel épisode du podcast de PharmaPro, parce que la pharmacie, c'est la vie.

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