Interview avec Fabien Evéquoz, un pharmacien qui concilie professionnalisme et qualité de vie

Episode 1 July 03, 2026 00:33:15
Interview avec Fabien Evéquoz, un pharmacien qui concilie professionnalisme et qualité de vie
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Interview avec Fabien Evéquoz, un pharmacien qui concilie professionnalisme et qualité de vie

Jul 03 2026 | 00:33:15

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Interview de Fabien Evéquoz, propriétaire et pharmacien responsable de la Pharmacie des Montagnes à Haute-Nendaz (VS). Découvrez comment il concilie professionnalisme et qualité de vie.

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Episode Transcript

[00:00:12] Speaker A: Bonjour et bienvenue sur les ondes du podcast de PharmaPro parce que la pharmacie, c'est la vie. Je m'appelle Céline Dubas et je me réjouis de vous présenter dans cet épisode une nouvelle personnalité du secteur suisse de la pharmacie. Nous nous trouvons aujourd'hui à 1300 mètres d'altitude dans la station Valaisanne de Haute-Ninda. C'est M. Fabien Evéco, propriétaire et pharmacien responsable de la Pharmacie des Montagnes que je vais avoir le plaisir d'interviewer aujourd'hui. Bonjour M. Evéco. [00:00:42] Speaker B: – Bonjour. [00:00:44] Speaker A: Il y a comme un petit air de vacances quand on est ici à Haute-Nardin. Comment avez-vous eu l'idée d'ouvrir une pharmacie dans cette station? Est-ce que, je sais pas, peut-être vous êtes un enfant du village, vous avez grandi dans le coin, peut-être pas du tout. Racontez-nous un peu votre parcours et l'histoire de votre pharmacie, s'il vous plaît. [00:01:03] Speaker B: Merci beaucoup pour l'invitation. J'apprécie beaucoup pouvoir présenter cette pharmacie qui est mon bébé. J'avais vraiment envie de vivre à la montagne, dans un cadre libre. On peut s'apaiser facilement, on peut facilement s'évader. On n'a pas tellement d'autres contraintes que celles de de notre travail, et puis on se sent pas oppressé. Donc ça, c'était vraiment quelque chose d'important pour moi. Et puis, après avoir vu plusieurs stations, plusieurs destinations, comme la famille du côté de ma maman, tout le monde est de Ninda, je voulais revenir un petit peu, m'enraciner dans la région, et puis retrouver un petit peu mes racines maternelles. C'est vraiment un endroit que j'ai dans le cœur, et puis c'est pour ça que j'ai ouvert la pharmacie à Haute-Ninda. [00:01:52] Speaker A: Vous passiez vos vacances ici, enfants? [00:01:55] Speaker B: Alors pas que les vacances, on était souvent à Nanda. Alors les deux mois d'été, bien sûr qu'on était ici en haut, dans le Mayen familial, avec les cousins un peu plus loin. C'était vraiment des super bons souvenirs. On jouait dans la forêt, etc. Et puis après, on venait skier ici, bien sûr. On profitait de voir la famille maternelle. Et puis donc c'est vraiment des super bons souvenirs. Et puis quand j'ai pu Ouvrir une pharmacie ici, c'était vraiment mon rêve de faire ça. Et puis il s'est réalisé. [00:02:29] Speaker A: D'ailleurs, vous avez même décoré la pharmacie avec des photos de familles un peu anciennes. [00:02:35] Speaker B: Ce n'est pas toutes des photos de ma famille. Je ne voulais pas non plus que ce soit centré sur la famille. Mais comme je vous disais, le cousin, l'oncle, avec le mulet, le grand-père, devant le café de la place d'Outninde, c'est quelque chose que je n'ai pas vécu. C'était dans les années 50. magique quand je vois comme ça évoluer. Ça, c'est vraiment quelque chose qui me donne des émotions, qui me fait plaisir. Et puis j'apprécie de travailler dans ce cadre. J'apprécie aussi de travailler avec des gens qui ont connu les grands-parents, qui ont connu la famille et qui ont des anecdotes sur le lieu. [00:03:15] Speaker A: Et vous, vous avez grandi en Valais quand même? [00:03:18] Speaker B: Moi j'ai grandi à Vétro. Mes parents habitaient à Ninda 2-3 ans puis après ils sont descendus à Vétro. Mon papa était de Vétro. Donc j'ai fait toutes mes classes à Vétro puis après le collège à Sion et puis ensuite... [00:03:34] Speaker A: Comment vous avez eu l'idée ou l'envie de devenir pharmacien? [00:03:39] Speaker B: C'est une bonne question. Je n'avais pas envie de devenir pharmacien. J'ai commencé en biologie. J'adorais ce qui était plantes, extraits de plantes. Je ne savais même pas que ça existait, la pharmacie. Et puis, je suis arrivé à l'Uni, à Genève. J'ai fait cette première année qui m'a bien plu. Puis là, je me suis dit, non, mais ce qui est vraiment passionnant, qui vraiment m'intéressait, c'était ce côté scientifique de l'extraction. Comment la plante, elle fait le principe actif, Puis comment ça va agir dans le corps, où ça va agir, ça, ça me passionnait. Puis du coup, je me suis dit, j'ai vu les étudiants en sciences pharmaceutiques, c'est exactement ça que je voulais faire. Je voulais pas faire de l'officine au début. Je voulais aller plutôt dans la direction industrie. Et puis, au fil des études, je me suis rendu compte que l'industrie, ça me permettrait pas de vivre dans un cadre qui me plaisait. Fallait être dans une grande ville. À l'époque, il y avait... pas tellement de possibilités de télétravail à ce moment-là. Et puis, ça a aussi orienté mon choix. J'ai pu ensuite travailler à Zermatt, dans différentes stations à bulles. Chaque fois, je choisissais une pharmacie où il y avait un pharmacien qui me donnait envie de travailler avec lui. Et puis, du coup, c'est vraiment ça, cet attrait pour les plantes qui m'a fait faire ces études. [00:04:57] Speaker A: On va en reparler, c'est intéressant. Donc Otenanda, c'est aussi bien un village, un vrai village de montagne, on le voit, vos grands-parents vivaient là, et aujourd'hui une station touristique. Donc j'imagine que votre patientèle, elle est composée aussi bien d'habitués qui vivent là toute l'année que de clients de passage. Comment est-ce que vous gérez cette diversité? Parce que j'imagine qu'ils n'ont pas tous les mêmes besoins. [00:05:24] Speaker B: – Oui, vous avez tout à fait raison, c'est exactement l'attrait d'une pharmacie en montagne, c'est qu'on va avoir une clientèle extrêmement variée. Comme vous le disiez, on a des malades chroniques qu'on va suivre, avec qui on va avoir des échanges réguliers tout au long de l'année. Donc la patientèle du village ou des villages avoisinants. Et puis ça, c'est comme dans une pharmacie classique, je peux dire, en pleine, un village en pleine. Maintenant, l'hiver, les hautes saisons touristiques, on a... Puis on a de plus en plus de personnes qui viennent en résidence secondaire à Ninda ou même qui font leur... leur week-end ici. Là, on va avoir plutôt des patients ou des clients qui vont pas avoir de médecins de premier recours. Et puis, on va plutôt exercer la fonction de triage pharmaceutique. On va les orienter soit aux urgences, soit chez un médecin traitant. On a de super collaborations avec les médecins à l'entour soit on va essayer de trouver un traitement avec les possibilités qu'on a maintenant en pharmacie de prendre en charge ce premier recours et puis ça c'est quelque chose qui m'intéressait aussi vivement j'avais l'impression que le métier de pharmacien il allait évoluer dans ce sens là il y a 10-15 ans quand j'ai fini mes études enfin il y a 15 ans plutôt Et puis du coup, ça a évolué dans ce sens-là, c'est vraiment ça qui m'intéressait. Cette prise en charge possible, on peut vraiment le faire en station et puis on a ces différents types de patientels. [00:06:56] Speaker A: D'être vraiment le premier recours pour ces gens qui sont... [00:07:01] Speaker B: C'est clair, je pense qu'on sous-utilise clairement les compétences du pharmacien aujourd'hui dans notre système de santé. Malheureusement, on ne va pas assez vers lui pour lui poser des questions de premier recours. Alors, ça a évolué, c'est de plus en plus le cas, mais je pense qu'on pourrait vraiment encore amener quelque chose de plus dans ce système de santé avec une bonne prise en charge de la patientèle dans les cas, dans la limite de nos compétences, bien sûr. On a des formations maintenant qui sont les soins primaires, qui sont les soins ambulatoires, etc. On peut vraiment aller aider, améliorer ce système de santé en étant une porte d'entrée, surtout très accessible dans le système. Ce qu'il faut, c'est que tout le monde se forme à ça, tous les pharmaciens, et puis qu'on s'y implique avec envie et motivation. [00:07:56] Speaker A: Et puis, je me dis, dans les stations de montagne, on a l'hiver, on a le ski, on a tous les sports de glisse, ou même patins à glace, etc. À l'été, il y a le vélo, la randonnée. J'imagine que vous avez quand même pas mal de gens qui viennent avec des petits bobos, petits ou gros bobos liés à leur pratique du sport. [00:08:16] Speaker B: Alors ça aussi, c'est quelque chose qui m'intéressait aussi, cette prise en charge. Alors quand c'est vraiment grave, c'est clair que ça ne passera pas par nous. Souvent, ça ne va même pas dans les cabinets médicaux, c'est direct descendu en plaine. Mais quand c'est... Je me rappelle une anecdote d'un skieur qui était tombé sur sa fixation dans les premières années où j'avais la pharmacie, il y a 9-10 ans, et puis il s'était ouvert tout le sommet de la cuisse, puis il arrive à la pharmacie, puis il me dit, tu peux faire quelque chose pour moi? Il était venu depuis Siviez, pour ceux qui ne voyaient pas comment est la station, c'est un petit peu plus dans la montagne, et puis je l'avais envoyé chez un médecin ici, Puis il m'avait dit, la prochaine fois tu l'envoies aux urgences, j'ai dû faire 42 points de suture, il aurait fallu une agrafeuse. Et lui il s'était rendu compte de rien, c'était pas très douloureux. Donc ça c'est des cas qui vont vraiment sortir de l'ordinaire, qu'on va pas avoir non plus. très souvent en pleine. C'est clair que les sports de glisse, la vitesse, l'énergie qu'il y a dans ces sports, on a souvent quand même des accidentés qui vont venir en première intention ici. Puis après, on peut souvent les aider quand il y a une fracture ou quelque chose comme ça. Malheureusement, là, on les réoriente plus loin. La chaîne fonctionne bien. [00:09:37] Speaker A: Oui, excellent. Pour préparer cette interview, je suis allée visiter votre site internet et il y a une très belle page de présentation de votre équipe. Merci. On apprend à découvrir un peu les personnes qu'on va rencontrer ici. Je crois que c'est sept personnes, c'est ça? [00:09:54] Speaker B: Ça varie un petit peu. On a été 11 juste pendant le Covid ou après le Covid. C'était très chargé. Et puis maintenant, on a plutôt monté les pourcentages avec moins de monde. En ce moment, on a une super équipe. C'est hyper agréable de travailler parce qu'il n'y a pas... Il n'y a pas de problème. C'est vraiment une équipe qui s'entraide. Je trouve que c'est le plus important pour moi. C'est qu'on ait envie de venir sur son lieu de travail. Et puis en ce moment, c'est le cas. Depuis maintenant, je dirais peut-être deux ans. Donc ça, c'est très agréable de vivre ce moment-là. Donc oui, cette personne, je pense que vous allez me demander comment je les recrute. [00:10:41] Speaker A: Tout à fait, mais vu que vous parlez de l'esprit d'équipe et tout ça, ça m'intéresse aussi. J'imagine qu'un bon esprit d'équipe, une bonne cohésion d'équipe, ça donne du plaisir aux employés de venir travailler, mais ça se ressent aussi par les clients. Donc c'est positif vraiment sur toute la ligne. Est-ce que vous avez des mesures que vous mettez en œuvre pour renforcer cet esprit d'équipe, cette cohésion, ou bien c'est quelque chose qui se crée en fonction des affinités? [00:11:13] Speaker B: J'ai un petit frère qui travaille dans les ressources humaines, qui m'a bien coaché au début, mais on est arrivé à la conclusion que tu peux bien faire tout ce que tu veux pour que ça fonctionne, si les éléments entre eux ne s'entendent pas, ça ne va jamais fonctionner. Maintenant, si tu ne fais rien du tout, ni sortie, ni quoi que ce soit, c'est sûr que ça va moins bien fonctionner. Moi, j'ai pas envie de les contraindre à faire des choses, mais on fait chaque année un souper ou une sortie. Là, on était allés en vélo électrique l'année passée. Moi, j'avais trouvé ça génial, parce qu'on... Bah, pas tout le monde, dans les apprentis ou dans les... Il y a certaines personnes qui sont pas fans de vélo électrique ou de vélo, et puis en VTT, sur des chemins un petit peu... [00:12:03] Speaker A: C'est aller sortir de leur zone de confort. [00:12:05] Speaker B: C'était vraiment génial. On a fait un grand tour avec un copain qui est guide de bike. On a vraiment profité. Et ça, justement, ces journées-là, ça amène beaucoup de valeur, je trouve. Et puis on sort un peu du contexte. Typiquement, c'est pas toujours moi qui organise. Ça, je trouve génial aussi. Hier ou avant-hier, mes collègues sont allés manger tous ensemble Pas très loin, je crois que c'était sur la pause de midi, si je ne me trompe pas. Et puis, je trouve que c'est ça qui est beau, c'est que ça se fait sans contraintes. Et puis, je trouve que c'est vraiment comme ça que ça fonctionne le mieux. L'idée, c'est permettre que ça se réalise, mais pas forcer à ce que ça se réalise. Si t'as pas envie de venir... Là, on a une super équipe, tout le monde participe. C'est des super bons moments. Il le fait plusieurs fois dans l'année, sans obligation, bien sûr. [00:13:11] Speaker A: Et donc, on va parler de cet aspect recrutement. Si vous avez actuellement une équipe qui a l'air effectivement assez soudée et probablement du coup assez constante dans le temps, j'imagine que ça veut dire qu'il n'y a pas beaucoup de départs, de turnovers, donc vous êtes peut-être moins confrontés au recrutement, mais je serais quand même intéressée de savoir si, finalement, comment vous recrutez? Est-ce que vous arrivez à attirer du personnel qualifié ici à Haute-Nanda? Est-ce que c'est des gens du coin? Est-ce que c'est des gens qui viennent de loin? Qu'est-ce que vous leur proposez? Quels sont vos arguments pour les attirer? Et quelle qualité vous recherchez chez ces personnes? [00:13:54] Speaker B: – Oui, justement, Dans ces dix dernières années, j'ai vraiment évolué sur ma manière de rencontrer les futurs collaborateurs. Au début, je faisais ça de manière assez classique. Et puis, le recrutement, il se passe toujours de la même manière. Je mets une annonce pour trouver un collaborateur ou je consulte des banques de CV, etc. Puis ensuite, je peux avoir plusieurs postulations. Ce qui est plus difficile, ce que je faisais moins bien au début, je pense, c'est que j'étais pas assez attentif à la personnalité. Et puis ça, si on n'a pas des personnalités qui vont ensemble, c'est plus compliqué. Je vois avec la dernière pharmacienne maintenant qui est là depuis 5 ans, elle m'a envoyé une candidature, j'avais pas forcément besoin de quelqu'un à ce moment-là. C'était spontané. Sur la photo de candidature, elle est au sommet du cervin avec un piolet dans la main. Et puis je me suis dit, il faut que je la rencontre parce que c'est sûr qu'on va avoir des choses à se dire autres que celles qu'on partage tout le temps dans le travail. Et puis en effet, on s'est promenés ici. J'ai dit, ça te va si on fait un petit tour plutôt que d'être assis? Comme ça, on peut discuter, il faisait beau. On a fonctionné comme ça, puis je crois que c'est vraiment la méthode qui marche le mieux. La dernière collaboratrice, si je vous parle des pharmaciens, là, on a une pharmacienne en FPH qui fait son FPH chez nous. Et puis, elle est prof de ski à côté. Donc là aussi, je sais qu'on peut parler le même langage. Quand il y a un jour de neige, on va être la même motivation. Puis ça, ça change tout dans la relation de travail. on partage des choses qui sont authentiques et puis j'accorde beaucoup plus d'importance maintenant à ça. [00:15:45] Speaker A: Voilà. Et donc c'est des gens principalement du coin, ou vous attirez aussi des gens qui vont arriver d'ailleurs, qui veulent venir vivre ici? [00:15:54] Speaker B: – Oui, alors ça dépend. On a des gens qui sont du coin, on en a maintenant je pense trois, collaborateurs qui sont vraiment… qui ont grandi ici, etc. Après aussi, ce qui est important pour moi c'est de… donner une chance à tout le monde. Si quelqu'un me dit, moi j'aimerais vraiment bosser chez toi parce que j'aime la phyto, parce que j'aime les gens et puis j'aime la montagne, s'il vient pas d'ici et puis qu'il est motivé, je vais jamais lui fermer la porte, c'est clair. Je privilégie une candidature qui serait locale, mais sans aucun problème, je vais avoir même tout intérêt à ouvrir un petit peu l'esprit de l'équipe et puis à accueillir des personnes qui sont d'horizons différents. Puis ça, je trouve que c'est vraiment quelque chose qui me tient à cœur aussi. On est dans une station de montagne qui est ouverte, qui est internationale. Je trouve que c'est bien d'avoir aussi ces possibilités-là. [00:16:56] Speaker A: – Et puis, j'ai vu qu'en haute saison, donc 15 juillet au 15 août, et puis pendant les fêtes de fin d'année, vous êtes ouvert le dimanche. [00:17:07] Speaker B: – Oui. [00:17:08] Speaker A: – Est-ce que ça, c'est un frein au recrutement, par exemple, les gens? [00:17:12] Speaker B: – Le dimanche, en fait, pas du tout, parce que… alors au début, c'est moi qui faisais tous les dimanches, les deux premières années, j'ai fait… je bossais 7 sur 7, parce que le début d'une pharmacie, j'ai ouvert la pharmacie de zéro. [00:17:27] Speaker A: – Ce n'était pas une pharmacie avant ici, ce n'est pas que vous avez repris une pharmacie existante? [00:17:30] Speaker B: – Non, non, c'était un local qui n'était pas du tout dédié à la pharmacie, qui était un local de… de promotion immobilière ou de bureau d'architecte plutôt. Après ça, en ouvrant la pharmacie, j'ai travaillé beaucoup. C'était sur 7 avec un petit garçon qui venait de naître. C'était assez intense. le dimanche ouvert de 10h à 12h, de 16h à 18h pendant 6 mois par année. Puis là, avec le personnel que j'ai maintenant, le dimanche, c'est une journée qui est intéressante parce que tu vas faire que du triage, beaucoup de triage, donc peu d'ordonnances, peu de cas plus compliqués. Ça va vraiment être du conseil, du triage. Et puis moi, j'apprécie beaucoup ça, donc ça me plairait de travailler le dimanche. [00:18:22] Speaker A: C'est de faire un peu des mini-diagnostics un peu comme ça? [00:18:25] Speaker B: C'est pas des mini-diagnostics, c'est des vrais [00:18:28] Speaker A: diagnostics pour pouvoir ensuite envoyer les gens dans la bonne direction. [00:18:32] Speaker B: Exactement, c'est vraiment une anamnèse du client. On est formé pour ça. Anamnèse en soins primaires, on a des certificats FPH qui sont les certificats post-grad qu'on peut faire après nos études. Et puis là, le but vraiment, c'est de pouvoir traiter les pathologies qui sont courantes et qui sont traitables en pharmacie, typiquement la cystite, l'infection urinaire simple, c'est quelque chose, ça a été voulu par le politique en Suisse pour que le pharmacien puisse aussi amener quelque chose au système de santé dans ces domaines-là. Quand je parle de triage, je parle de prise en charge de premiers recours, de certains cas définis qui sont assez bien cadrés pour que le pharmacien puisse les trier. On fait donc pas mal de triage. Et puis, nous, ce qu'on fait chez nous, après, je sais pas si tout le monde fait ça, mais le dimanche, les heures comptent double, donc tu travailles 4 heures, c'est-à-dire que tu travailles de 10h à midi. De midi à 16h, tu peux aller skier. Moi, j'allais souvent skier ou faire quelque chose entre deux. Puis l'après-midi, tu retravailles de 16h à 18h, ça te compte une journée complète. En ayant fait 4 heures, t'as 8h30 de travail. Maintenant, c'est plutôt l'inverse. Tout le monde aime bien faire le dimanche plutôt qu'une autre journée intense la semaine. [00:19:53] Speaker A: Ok, ça c'est intéressant. Et même un candidat qui vient d'une autre pharmacie en pleine, ou même d'un autre canton, etc., ça ne va pas l'inquiéter de devoir travailler le dimanche? Il comprend tout de suite qu'il y a un intérêt. [00:20:07] Speaker B: Oui, justement. Surtout que maintenant, il y a vraiment une collègue qui apprécie vraiment les faire. Et puis du coup, je pense que moi à sa place, je ferais exactement pareil. Elle n'a pas d'enfant. Elle est sportive. Elle est même très sportive. Le dimanche, t'as aussi plus de monde qui est sur les pistes. Donc, si tu fais des horaires un peu différents, c'est pratique. [00:20:28] Speaker A: C'est pas obligatoire, du coup? Pas tout le monde est obligé de faire le dimanche? [00:20:32] Speaker B: Non, non. Le dimanche, on travaille avec un effectif réduit. Et puis, c'est vraiment pas du tout un problème jusqu'à maintenant. [00:20:38] Speaker A: Ouais, ok. C'est intéressant. Ouais. Excellent. Vous nous avez déjà parlé de votre goût pour la phytothérapie et j'ai vu que vous avez un laboratoire à l'arrière de la pharmacie. Vous fabriquez donc vos propres produits. Qu'est-ce que vous fabriquez exactement? [00:20:58] Speaker B: – Alors il y a deux types de produits qu'on va faire dans notre laboratoire. Le premier type de produit, c'est des produits thérapeutiques, c'est ce qu'on va faire dans toutes les pharmacies qui s'intéressent à la galénique, donc à la science de la fabrication. Et puis là, on va avoir des extraits de plantes, donc ça va être de la phytothérapie surtout, où nous ce qu'on fait aussi c'est qu'on essaie de faire des produits qui n'ont pas d'additifs ou qui sont faits dans des gélules qui sont pas à base de gélatine de porc ou d'animaux comme ça, on essaie vraiment d'aller Moi, je me dis, je ne fais pas si ce n'est pas exactement intéressant ou comme je veux. Puis du coup, on enlève tous les excipients, donc tous les additifs. On voit si on arrive à faire un produit non comprimé qui fonctionne. Puis si ça fonctionne, on le fait maintenant. Ça, c'était au début. Quand j'ai ouvert la pharmacie, ça m'intéressait beaucoup. Puis après, on a développé pas mal d'extraits de plantes aussi. Donc ça, ça va être la partie thérapeutique. Et puis, on a fait aussi un lipstick. Là, je l'avais fait surtout pour mes enfants, un lipstick, un stick à lèvres, en voyant à chaque fois que je prenais un lipstick, il y avait toujours quelque chose qui me dérangeait. Le BHT du super produit. Chaque fois il y avait quelque chose qui n'allait pas, et puis je me suis dit non mais c'est tellement simple, cire d'abeille, beurre carité, huile d'amande douce, je fais fondre ça, je mets dans un stick, après il y a quelques petites adaptations à faire, mais en faisant quelque chose de simple, on arrive à avoir un super produit, puis c'est un produit que les gens aiment beaucoup. Donc là, c'est la partie cosmétique. Quand on va appliquer quelque chose qui n'a pas d'effet thérapeutique, on n'est plus dans les mêmes règles. Et puis la cosmétique, maintenant, on fait de la crème pour les mains, on va faire de la lotion pour le corps. Toujours des choses très simples, essentielles, vraiment faciles d'un point de vue fabrication. Et puis surtout, qui sont à 100% défendables sur la composition. Il faut aussi un savon, parce que ça, ça m'intéresse bien, avec une infusion de plantes, plus pour le côté pharmacien. [00:23:21] Speaker A: – Et c'est vous qui êtes le chef dans le laboratoire ou votre équipe, vos collaborateurs, ils y travaillent aussi? [00:23:29] Speaker B: – Oui, alors le labo, je pense que c'est vraiment une passion, c'est quelque chose que j'aime beaucoup. Quand j'étais étudiant, j'avais même dans une partie de ma chambre, fait un laboratoire. D'ailleurs, je me disais, les gens qui me voient, ils doivent se dire, mais qu'est-ce qu'il fait en blouse à essayer de faire... C'était vraiment... C'est quelque chose que j'aime vraiment beaucoup. Maintenant, il y a mes collègues, bien sûr. On est toute une équipe. C'est ça qui est génial. Donc, on travaille dans une bonne ambiance. Là, c'est plus moi qui suis tout... plus du tout moi qui suis au laboratoire dans la fabrication. Pour la plupart des process, c'est une collègue pharmacienne qui le fait. Et puis du coup, ça varie un petit peu, justement, les tâches. Et puis ça varie un petit peu. Elle, elle aime bien faire ça aussi. Donc c'est un côté qu'on a dans cette pharmacie. On fabrique, on produit. Si on aime la fabrication, qu'on aime un petit peu tout ce cadre de vie, c'est un bon endroit pour s'épanouir, ce que me disent mes collègues. [00:24:35] Speaker A: Excellent, c'est cool. À côté de votre métier de pharmacien, qui a l'air de vous passionner, de vos activités extra-professionnelles, qui sont multiples, j'imagine, dans ce cadre de vie, et de votre vie familiale, parce qu'apparemment vous avez des enfants. [00:24:55] Speaker B: Oui, j'ai trois garçons. [00:24:57] Speaker A: Voilà, donc tout ça, ça vous occupe déjà bien. Mais en plus, depuis 2022, vous organisez chaque année le Congrès Pharma Montana. Oui. À Montana, comme son nom l'indique. Donc on voit encore une fois que vous aimez bien l'association Montagne et Pharmacie. Quelle est l'idée derrière cet événement? [00:25:17] Speaker B: Alors comme je disais justement c'est un congrès de formation continue et puis c'est un endroit où on va vraiment pouvoir développer notre réseau professionnel dans un cadre qui s'y porte vraiment très bien. Quelque chose qui m'intéresse aussi c'est que j'organise chaque deux ans une table ronde politique Et puis là aussi, l'objectif c'est quand même de sortir un peu de notre zone de confort, dans un débat, un débat d'idées où on va essayer d'aller voir quel est le rôle du pharmacien, qu'est-ce qu'il peut amener. Cette année on va regarder par exemple qu'est-ce qu'il amène dans le système de santé. Est-ce qu'on ne lui demande pas assez de choses? Est-ce qu'on lui demande au contraire trop de choses? Le but vraiment c'est de faire évoluer la profession avec ce débat dans un cadre de formation et d'échange. [00:26:10] Speaker A: – Et est-ce que vous vous mettez d'accord sur des nouveaux projets, par exemple, que vous allez conduire ensemble, du fait de cette présence commune à ce moment-là? Pendant quoi est-ce qu'il va y avoir des collaborations qui vont déboucher? [00:26:24] Speaker B: – Le fait de discuter en réseau comme ça, ça permet plein de choses. Ça permet de discuter au bord d'un… en prenant un café avec le CEO d'une boîte de pharma, qui va avoir des idées avec qui on va pouvoir échanger, qui va proposer des choses, ou avec une collègue qui vient de finir ses études, ça m'est arrivé de discuter avec une jeune pharmacienne qui me disait «j'aimerais ouvrir ma pharmacie mais je ne sais pas trop », je lui dis «mais vas-y». C'est clair que tu prends un risque, tu dois travailler, ça va être plus dur que si tu restes dans une autre structure au début, mais après tu seras beaucoup plus libre. Donc il y a plein de projets qui peuvent se développer dans ces réseaux-là justement, dans ce cadre-là. Donc oui, je pense que c'est un lieu incontournable pour développer le réseau de pharmaciens, de jeunes pharmaciens et puis de pharmaciens établis. Et puis ça permet aussi la formation continue, donc c'est un lieu que je pense à ne pas négliger. [00:27:26] Speaker A: Ça permet de trouver de l'inspiration aussi pour la suite de son activité professionnelle. [00:27:31] Speaker B: Mais clairement, le fait de se retrouver qu'avec des confrères, des consoeurs, ça va vraiment amener aussi à se retrouver un petit peu dans le... On partage les mêmes soucis, on partage les mêmes problèmes, puis c'est ça qui va être intéressant. [00:27:44] Speaker A: Et quand a lieu la prochaine édition? [00:27:46] Speaker B: – La prochaine édition a lieu fin septembre, comme chaque année, du 24 au 26, sauf erreur, jeudi 24, vendredi 25 et samedi 26. [00:27:57] Speaker A: – Ok, très bien. En tout cas, ce qu'on ressent… [00:28:01] Speaker B: – Septembre. [00:28:01] Speaker A: – Septembre, oui, vous l'avez dit. [00:28:02] Speaker B: – J'ai dit. [00:28:03] Speaker A: – En parlant avec vous, on ressent que vous avez beaucoup d'énergie, que vous mettez dans toutes vos activités. Rien que d'ouvrir cette pharmacie ici, de suivre votre motivation de venir en montagne, de contribuer à ce congrès, etc. Vous êtes très occupé et vous mettez beaucoup d'énergie dans vos activités. Est-ce que vous avez un secret pour ne pas vous épuiser? [00:28:29] Speaker B: C'est le risque. Je suis parfois épuisé aussi. C'est clair que j'ai de la chance d'avoir une épouse qui me rend attentif à tout ça et qui me dit peut-être qu'il faut lever un peu le pied. Sinon, j'aurais vraiment tendance à prendre beaucoup plus de choses. Quelquefois, elle m'a dit... C'est à toi de voir, mais tu vas prendre où ce temps-là? Sur le sommeil, sur la famille, sur tes loisirs. Et puis à un moment donné, il faut arriver à s'écouter aussi. Puis c'est clair, je pratique pas mal de sports qui me permettent vraiment de m'évader. J'y pensais justement. J'aime bien l'escalade. Donc quand tu grimpes, soit tu es focus sur ce que tu fais et puis ça va bien. L'escalade sportive, je ne parle pas d'alpinisme où là, il faut être encore plus focus. Mais l'escalade sportive, quand tu es en train de faire cette activité, tu es là, tu ne penses à rien du tout. Et puis au moins, tu n'as aucun souci que de trouver une prise, être bien positionné. Ça te permet de couper. J'aime bien surfer aussi. Et puis là aussi, de nouveau, tu peux surfer tranquillement. Mais quand tu es dans le... Si tu n'es pas... C'est très mental, en fait, comme sport. Si tu n'es pas à 100% dans ce que tu es en train de faire... [00:29:41] Speaker A: Tu ne prends pas la vague. [00:29:42] Speaker B: Tu prends pas la vague, puis surtout, t'y restes pas, ou pas longtemps. [00:29:46] Speaker A: OK, excellent. Donc, on fait référence à Alayabay ou on fait référence aux côtes de l'Atlantique? [00:29:53] Speaker B: Ça va être les deux. Ça dépendra un peu du moment de l'année, puis si je peux aller plus loin ou pas. [00:29:59] Speaker A: OK, OK, excellent. Eh bien, nous arrivons déjà au terme de cette interview. Si nos auditrices et auditeurs devaient ne garder qu'un seul message de cet échange qu'on a eu, lequel aimeriez-vous que ce soit? [00:30:14] Speaker B: Je pense que ce qui est important pour moi, au travers du travail qu'on va exercer, c'est vraiment de trouver un cadre de travail qui nous correspond et dans lequel on peut vraiment s'épanouir et être heureux. Peu importe où c'est, si c'est au centre-ville de Genève ou si c'est à Haute-Ninda, à la Pharmacie des Montagnes, pour moi, voir la neige, avoir des skieurs, rencontrer plein de monde, que ça change tout le temps, c'est ça qui me plaît. pouvoir exercer avec exigence dans ce milieu-là, c'est quelque chose d'important à retenir. Si on a envie de s'épanouir, c'est de le faire dans un lieu qui nous permet de l'être épanoui. [00:31:00] Speaker A: Donc on peut combiner activité professionnelle exigeante, épanouissante et lieu de vie agréable, enfin voilà, qui répond à nos... [00:31:13] Speaker B: Mais je pense qu'il faut, on voit maintenant les jeunes générations, enfin les jeunes, les générations plus jeunes que nous, ils accordent beaucoup plus d'importance, encore plus d'importance que nous au bien-être ou dans leur vie avant le travail. C'est plus la carrière et ensuite je suis bien, c'est je suis bien, peut-être je travaille un peu, cette génération maintenant qui arrive, donc c'est vraiment ça qui est important je pense. [00:31:35] Speaker A: Et donc c'est faisable dans le monde de la pharmacie? [00:31:37] Speaker B: C'est tout à fait faisable dans plein de pharmacies en Suisse. Il faut simplement trouver chaussure à son pied en se disant, voilà, est-ce que je fais une pharmacie? Je vais à un endroit? Qu'est-ce que je fais? Mais il y a toutes sortes de possibilités. [00:31:49] Speaker A: Génial. Alors, on va finir sur cette touche extrêmement positive. Merci beaucoup, M. Hebeko, encore une fois d'avoir accepté notre invitation. [00:31:58] Speaker B: C'était un vrai plaisir. [00:32:00] Speaker A: Pour nous aussi, de vous rencontrer, de découvrir votre pharmacie et de profiter aujourd'hui de la fraîcheur de la montagne parce qu'il fait plus de 30 degrés en pleine. Donc merci beaucoup pour tout ça et nous vous souhaitons beaucoup de succès pour la suite de votre activité aussi bien à la pharmacie qu'à Montana et que dans votre famille bien sûr. [00:32:23] Speaker B: Merci beaucoup. [00:32:26] Speaker A: À vous qui nous écoutez en podcast ou qui nous regardez sur YouTube, merci d'avoir suivi cette interview jusqu'au bout. Si vous êtes en recherche d'emploi dans le secteur de la pharmacie, pensez à publier votre CV sur le site pharmaPro.ch. C'est rapide et gratuit, cela vous rend plus visible et facilite vos démarches auprès des employeurs. Vous avez également la possibilité de mettre en avant votre CV pendant une période de temps limitée sur notre site Internet. Cela montre aux employeurs que vous êtes activement en recherche d'emploi et augmente vos chances de décrocher un entretien d'embauche. Je vous dis à bientôt pour un nouvel épisode du podcast de PharmaPro. Parce que la pharmacie, c'est la vie!

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